Jean Jaurès Dans le cabinet fantôme
Entretien
privé dans le cabinet fantôme.…
Hier J’ai
été reçu par monsieur Jaurès dans le cabinet fantôme, j’en ai profité pour lui
poser quelques questions sur la situation actuelle.
Monsieur
Jaures quel regard portez vous aujourd’hui sur la France, l’insécurité
galopante et la montée des menaces qui assaillent
notre pays ?
Quelle abjection dans cette
propagande de la peur ! On lit sur les murs de Paris d'ignobles affiches
qui apprennent au monde que toutes les boutiques sont forcées, que toutes les
existences sont menacées, qu'au coin de toutes les rues le passant est guetté
par le couteau d'un apache. « Défendons-nous », hallucinons les
cerveaux, affolons les coeurs ; demandons à la société française de
répudier toutes les lois humaines sur le sursis, sur la libération
conditionnelle, que ce fut son honneur de promulguer ; dénonçons comme des
lâches, comme des traîtres, les jurés qui ont cru équitable, après examen des
circonstances, un verdict de pitié. Faisons que la loi pénale fonctionne
toujours automatiquement avec le maximum de rigueur. Appliquons, s'il le faut,
la torture aux condamnés ; arrachons les ongles aux transportés par le
rétablissement des poucettes ; et frappons, flétrissons comme des
complices des assassins, tous les hommes qui demanderont à la nation de ne pas
s'affoler, de ne pas se dégrader.
Si je vous comprends bien monsieur Jaurès l’utilisation de la peur pour
manipuler les foules n’est pas une chose nouvelle. Mais peut être est ce la
seulement une question de courage que de voir une situation périclitant pour ce
qu’elle est ?
Le courage, c'est de chercher la
vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant
qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos
mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
Monsieur Jaurès lorsque vous regardez la situation internationale que
vous inspirent les croisades organisées
par monsieur bush dans le moyen orient sous prétexte de libérer les peuples de
ces pays ?
Donner la liberté au monde par la
force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises. En la
donnant, on la retire.
Que pourriez-vous préconiser pour faire cesser ces guerres alors ?
Monsieur, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre
les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société
présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie — qui aboutit
à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde
sociale et d’unité.
Quel regard portez-vous sur le parti socialiste aujourd’hui ?
Pensez vous qu’il puisse encore représenter une force fédératrice tant au
niveau national qu’Européen ?
N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent. Quand les hommes ne peuvent
plus changer les choses, ils changent les mots. Ces grands changements sociaux
qu'on nomme des révolutions ne peuvent pas ou ne peuvent plus être l'œuvre
d'une minorité. Une minorité révolutionnaire, si intelligente, si énergique
qu'elle soit, ne suffit pas, au moins dans les sociétés modernes, à accomplir
la révolution. Il y faut le concours, l'adhésion de la majorité, de l'immense
majorité.
Merci Monsieur Jaurès d’avoir prit le temps de répondre à mes questions.
Jean Jaurès se lève et nous nous serons la main j’en profite pour lui
tendre un feuillet d’inscription au Parti de Gauche. Il la prend et sourit en remettant
son chapeau melon.
« S’il doit encore y avoir de vrais socialistes monsieur Jaurès c’est
la que j’espère les trouver. »
Il ne répond rien se contentant de hausser les épaules les paumes tournées vers le ciel avant de sortir. Oui monsieur Jaurès j’espère en ce parti retrouver la flamme du vrais socialisme.
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