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Le Cri Du Peuple
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Le Cri Du Peuple
  • Personne n'attendra de moi que j'accorde, en ce qui me concerne, un moment d'attention à la chose appelée amnistie. Dans la situation où est la France, protestation absolue, inflexible, éternelle, voilà pour moi le devoir. Victor Hugo
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5 décembre 2008

Le Savoir Honteux.

culture_inculture


Faut il croire que nous devons nous résoudre à vivre dans des imageries d’Epinal, dans les clichés d’une France « bienvenue chez les chtits » ? Sommes-nous cette caricature simpliste que nous présentent les médias. Aujourd’hui dans les concours de la fonction publique on veut retirer les épreuves de culture générale. Afin dit on de favoriser l’accès a la fonction aux couches défavorisés.

J’ai l’arrogance de croire que riche est ma culture littéraire, mais elle n’est pourtant pas infinie et loin s’en faut. Pourtant mon père n’était point notaire, et ma mère ne faisait d’autres affaires que son ménage. Je ne suis pas l’enfant du docteur ni le neveu de l’avocat, pourtant j’ai eu accès à la culture par les livres, le gout des mots que m’ont transmit mes géniteurs. Je l’ai reçue de l’école qui m’a nourrie de savoir et de curiosité. Oh j’ai râlé, et pesté tout les diables, lorsque je devais répéter la longue litanie de ces maudits rois maudits. Aujourd’hui je ne le sais plus guère ce long fil de souvenirs. Mais je connais encore les petites histoires de la grande histoire, ces tenants et ces aboutissants.  Au quotidien je nourris ma réflexion d’aujourd’hui du savoir de hier.

Mais voila, ce n’est plus dans l’air du temps, on ne parle plus d’une réflexion intelligente, mais d’un fonctionnement élitiste. De nos jours il faut avoir honte d’en savoir un peu, il faut pouvoir penser pratique, faire de la synthèse et certes pas de la thèse de l’antithèse.  Qui donc se souci encore des lettres, qui donc peut encore attacher de l’importance aux mots d’auteurs morts depuis des siècles ? Ils n’ont pas la place dans cette société ou les phrases comme les idées et les livres se doivent d’être courts.

On prône une nouvelle égalité, on nivelle par le bas pour que chacun se retrouvant dans un bouillon d’inculture puisse s’identifier à la bêtise de son voisin.  Il ne vient plus à l’idée d’emmener les esprits vers le haut, de les aider à se façonner par le savoir et la connaissance. Quelle perte de temps que de lire la princesse de Clèves, quelle gabegie que cette culture générale qui ne contient que d’ennuyeux pamphlets aux mots ardus. Quelle peut bien en être l’utilité, quel intérêt de connaitre le passé pour ne pas reproduire les erreurs de nos ainés ?

On nous vante la lettre de Guy, exemple à suivre, icône patriotique, et demain on nous chantera le SMS du trader annonçant un énième plan de sauvetage d’une quelconque banque sous perfusion. Les exemples et les modèles changent, nous en avons eu notre lot. Il en viendra d’autres, crachés par la médiocratie nationale dans les lucarnes de nos téléviseurs.

Pourtant, pourtant, qu’elle est belle cette langue, qu’elle est chantante, enchanteresse. Comme il est doux de la sentir rouler, couler, dans les mots.  Mais cessons il n’est plus temps, conformons nous aux nouveaux standards de la culture de masse. Faites cesser cette individualité qui n’est que génératrice de troubles. Quel besoin avons-nous de forger notre propre réflexion alors que d’autres le font pour nous.

Ne réfléchissez donc plus, contentez vous d’agir dans le sens de l’action positive et constructive que vous édicte vos grands leaders. Ils vous apprendront que les terroristes vous cernent, que les intégristes vous menacent. Ils vous montreront que vous êtes assiégés par des hordes de barbares, que vous êtes en danger, qu’il faut avoir peur. Parce que c’est cela l’ignorance, c’est la peur, la connaissance n’est guère plus rassurante, mais elle génère non pas la peur, mais l’inquiétude. La peur elle est insidieuse, elle obscurcit le jugement du juste et le rend à l’image de la bête, enclin à mordre pour se préserver. L’inquiétude force à l’intelligence, à la réflexion et demande des solutions nées de la compréhension.

Aussi vos dirigeants vous préfèrent ils habités par la peur plutôt que par l’inquiétude qui pourrait vous pousser à vous interroger sur le bien fondé de leur discourt.

Je vous laisse pour ce soir, je vais aller me plonger dans la lecture d’un de ces livres honteux qui n’ont plus leur place dans nos bibliothèques.

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Commentaires
L
en effet il va dépendre de plus en plus de la responsabilité des parents d'assumer cette éducation cet enseignement la ou l'etat se désiste de ces obligations. Mais pas vraiment de désistement plutot une volonté affichée de formater le peuple pour le faire en sorte qu'il n'ai plus les moyens de s'interroger ni de se révolter, afin qu'il trouve comme allant de soit les expulsions, les privations, les represions.<br /> <br /> Bienvenue chez vous Isa, heureux d'acceuillir vos commentaires
L
Avec des matières de culture générale qui deviendront optionnelles au lycée dès la rentrée 2009, qui seront retirées des épreuves de concours administratifs aussi. Je sens que la philo va disparaitre aussi, a-t-on idée d'apprendre à des êtres humains à penser par eux-mêmes, à se forger une opinion !<br /> <br /> Le trop de culture n'a jamais nuit à personne, bien au contraire. Mais le mouton est plus facilement manipulable s'il ne connait que son carré d'herbe, c'est bien connu. <br /> <br /> Je ne suis pas fille de notable, mais de modestes ouvriers. Et pourtant, grâce à mon père, mais aussi à l'école telle qu'elle existait encore il y a trente ans, j'ai découvert les grands auteurs, les grands penseurs. Je continue chaque jour de me cultiver toute seule, et j'essaie autant que faire ce peut, de transmettre à mon fils. <br /> <br /> Il y a tout à craindre d'une société qui piétine la culture. A quand les autodafés dans les cours, brulons "La princesse de Clèves" tant honnie à la tête de l'Etat !
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